Taux élevés de troubles mentaux et de manifestations gastro-intestinales lors de la phase prodromique de la SP

Résumé : La chercheuse Helen Tremlett (Université de la Colombie-Britannique) et son équipe ont cerné et décrit une phase prodromique de la SP – soit une période qui peut débuter au moins cinq ans avant l’établissement d’un diagnostic clinique de SP et durant laquelle on peut observer des signes ou des symptômes non spécifiques (dits « prodromes »). Dans le cadre de travaux récents, l’équipe de Mme Tremlett a constaté que les personnes atteintes de SP présentaient des taux élevés d’utilisation des services de santé en lien avec des troubles mentaux et des problèmes gastro-intestinaux au cours des cinq années précédant la pose du diagnostic de SP. Or, ces troubles de la santé constituent un fardeau considérable à un stade très précoce de la SP et pourraient faire partie des prodromes de cette maladie. 

Contexte : L’expression « prodromes » renvoie à un ensemble de signes ou de troubles de la santé non spécifiques qui surviennent des années avant que le diagnostic clinique d’une maladie puisse être posé. Mme Helen Tremlett, Ph. D., et son équipe ont cerné et décrit une phase prodromique de la SP qui surviendrait au moins cinq ans avant la survenue de symptômes de la SP. Des études réalisées précédemment par la chercheuse ont montré que durant cette période, les gens ayant reçu un diagnostic de SP présentaient un taux accru de visites à l’hôpital et chez le médecin, recevaient davantage de prescriptions médicamenteuses que le reste de la population et éprouvaient un certain nombre de troubles de la santé non spécifiques (p. ex. de la douleur, des troubles du sommeil, de l’anémie, de la fatigue, des troubles de l’humeur, de l’anxiété et des migraines). 

Détails : L’équipe de recherche s’est donné pour objectif de mieux circonscrire les caractéristiques cliniques de la phase prodromique de la SP. Les scientifiques ont examiné les données cliniques et les données administratives sur la santé de plus de 7 800 personnes atteintes de SP et de quelque 36 000 personnes exemptes de cette maladie – résidant toutes en Colombie-Britannique – en vue de cerner d’autres troubles de la santé qui pourraient survenir lors de la phase prodromique de la SP (soit durant les cinq années qui précèdent la survenue du premier épisode démyélinisant ou l’apparition des premiers symptômes de SP). 

Résultats : Mme Tremlett et son équipe ont constaté que les personnes ayant reçu un diagnostic de SP présentaient des taux accrus d’utilisation des services de santé relativement à des troubles de la santé mentale1 (p. ex. dépression, anxiété, trouble bipolaire ou schizophrénie) et à des problèmes gastro-intestinaux2 (p. ex. gastrite et duodénite, maladies de l’œsophage, constipation, syndrome du côlon irritable) au cours des cinq années précédant la pose du diagnostic de SP. Cette augmentation du recours aux services de santé concernait les visites chez le médecin, les hospitalisations, de même que les prescriptions, en particulier celles qui portaient sur des médicaments contre les problèmes gastro-intestinaux, comme la constipation et le reflux gastro-œsophagien. 

Retombées : Les constatations de l’équipe de recherche portent à croire que les troubles de la santé mentale et les problèmes gastro-intestinaux constituent un fardeau considérable à un stade très précoce de la SP et pourraient faire partie des prodromes de cette maladie. Une caractérisation approfondie des prodromes de la SP et des signes et symptômes associés à un risque accru de SP pourrait permettre de reconnaître rapidement les personnes qui en sont à ce stade précoce de la SP, de même que d’accélérer le diagnostic de cette maladie et l’instauration d’un traitement contre celle-ci, ce qui contribuerait à prévenir la survenue de symptômes et la progression des incapacités. Comme les problèmes de santé caractéristiques de la phase prodromique de la SP sont communs dans la population générale, d’autres études seront nécessaires et davantage de marqueurs de cette phase devront être trouvés pour qu’on soit en mesure de déterminer qui sont les personnes qui présentent un risque réel de SP. 

Référence

Articles parus dans les publications suivantes : 

1. Neurology, le 25 septembre 2023 – « Psychiatric Comorbidity During the Prodromal Period in Patients With Multiple Sclerosis ». Pour consulter cet article, veuillez cliquer ici

2. Annals of Clinical and Translational Neurology, le 19 décembre 2023 – « Gastrointestinal Conditions in the Multiple Sclerosis Prodrome ». Pour consulter cet article, veuillez cliquer ici.