Traitement par cellules souches

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Il existe de nombreux types de traitement par cellules souches, dont la greffe de cellules souches hématopoïétiques autologues (GCSHA), laquelle consiste à supprimer par chimiothérapie le système immunitaire suspecté d’être défectueux et à reconstituer un tout nouveau système immunitaire à partir de cellules souches prélevées antérieurement chez la personne qui reçoit le traitement. Ce nouveau système immunitaire semble être exempt des défaillances sous-jacentes à la SP. La GCSHA est une intervention qui est réalisée en une seule fois et qui peut réduire considérablement, voire supprimer l’activité de la SP. 

La GCSHA au Canada

Le recours à la GCSHA dans la prise en charge de la SP fait l’objet de divers protocoles (ou plans de traitement) dans le monde, de même qu’au Canada. Cette variété de protocoles s’explique par le fait que les spécialistes de ce type de traitement ont des champs de compétences différents et des préférences qui leur sont propres quant aux diverses options envisageables en matière de chimiothérapie. Dans le cas de la GCSHA, la chimiothérapie constitue une étape indispensable visant à éliminer le système immunitaire défaillant qui cause la SP. Puis, à partir de cellules souches congelées, issues de la personne qui reçoit le traitement, le protocole consiste à reconstituer un nouveau système immunitaire qui ne prendra plus pour cible le système nerveux central.

Selon les spécialistes de la SP et les organismes de santé à l’œuvre au Canada, la GCSHA est le seul traitement par cellules souches dont la pertinence dans la prise en charge de la SP repose sur de solides données probantes

Certaines cliniques privées en activité au Canada proposent d’autres traitements par cellules souches pour contrer la SP, mais ces derniers ne sont pas cautionnés par les spécialistes de cette maladie ni fondés sur des données probantes issues de la recherche. 

Il existe plusieurs centres de recherche qui acceptent de prendre en charge des patients admissibles à un traitement par GCSHA. Adressez-vous à votre neurologue si vous souhaitez en savoir plus sur cette option thérapeutique. Votre neurologue pourrait faire parvenir une requête à l’un des centres suivants si une telle intervention lui semble potentiellement appropriée dans votre cas : 

  • Centre de SP du Campus général de l’Hôpital d’Ottawa
  • Foothills Medical Centre, à Calgary 
  • Centre hospitalier de l’Université de Montréal (CHUM)
  • Centre hospitalier universitaire (CHU) de Québec-Université Laval 

À l’heure actuelle, la GCSHA est pratiquée seulement dans un nombre restreint d’établissements au Canada, car ce type de traitement nécessite l’intervention d’équipes spécialisées, le recours à un équipement particulier ainsi qu’une étroite surveillance après la greffe de cellules souches. Tout cela fait que la plupart des hôpitaux ne sont pas équipés pour offrir un tel traitement. Toutefois, l’Agence des médicaments du Canada (AMC) a élaboré un énoncé d’orientation destiné aux parties prenantes à l’œuvre dans le cadre des systèmes provinciaux de la santé et consacré aux mesures qui permettraient d’accroître l’accessibilité des traitements par GCSHA dans les années à venir.

Dans le cadre d’essais cliniques menés dans différents pays, des équipes de recherche se penchent également sur l’optimisation des niveaux d’innocuité et d’efficacité des protocoles de greffe de cellules souches, ainsi que sur les effets à long terme de ce type de traitement sur le système immunitaire et l’activité de la maladie. Certaines s’emploient aussi à comparer les résultats constatés à l’issue d’une GCSHA avec ceux que permettent d’obtenir les médicaments modificateurs de l’évolution de la SP (MMÉSP) hautement efficaces.

Comment la GCSHA est-elle pratiquée au Canada?

1re étape : Un médicament est administré aux patients pour faire migrer leurs cellules souches de la moelle osseuse vers le sang.

2e étape : Les cellules souches sont extraites du sang. 

3e étape : Les cellules souches sont congelées et conservées en toute sécurité.

4e étape : Les patients reçoivent une chimiothérapie destinée à supprimer les cellules immunitaires déficientes. 

5e étape : Les cellules souches prélevées antérieurement sont décongelées et réintroduites dans l’organisme des patients par voie intraveineuse.

6e étape : Au fil du temps, tandis que les patients font l’objet d’un suivi étroit, leur système immunitaire se reconstitue à partir des cellules souches réintroduites dans leur organisme.

Qu’arrive-t-il après une GCSHA?

Si vous subissez ce type de traitement, vous ferez l’objet d’une étroite surveillance par l’équipe responsable de la greffe de cellules souches et de la prise en charge de la SP. Durant plusieurs mois, il vous faudra résider au sein ou à proximité de la ville où vous avez reçu le traitement par GCSHA, de façon à ce que l’équipe de soins puisse effectuer votre suivi et assurer ainsi votre sécurité. Vous aurez également besoin de la présence d’un aidant ou d’une aidante auprès de vous après l’intervention. 

Ce en quoi consiste habituellement le suivi des personnes ayant subi une GCSHA :

  • Examens médicaux et neurologiques effectués régulièrement.
  • Examens par IRM permettant de surveiller l’activité de la SP.
  • Tests sanguins permettant de suivre le rétablissement du système immunitaire.
  • Surveillance axée sur les infections ou les effets indésirables de la GCSHA.
  • Revaccination en temps opportun contre toutes les maladies, car l’élimination du système immunitaire peut compromettre l’immunité qui avait été conférée auparavant par la vaccination.
  • Soutien visant à favoriser le rétablissement physique et affectif.

Objectifs du suivi :

  • Veiller à ce que le système immunitaire se reconstitue de façon sûre.
  • Vérifier que la SP demeure inactive.
  • Prendre en charge toute complication dans les meilleurs délais.

Bienfaits et risques potentiels liés au traitement par cellules souches

Les bienfaits de la GCSHA varient d’une personne à l’autre. Certaines personnes ayant reçu ce traitement bénéficient d’une rémission à long terme, et d’autres voient leurs symptômes disparaître. Dans la plupart des cas, les personnes ainsi traitées ne subissent pas de poussées et n’ont pas à passer d’examens par IRM durant une longue période.

Le principal risque associé à la GCSHA découle de la chimiothérapie. En effet, l’élimination du système immunitaire expose les patients à un risque d’infections pouvant mettre leur vie en danger. Les facteurs qui accroissent le risque d’effets indésirables potentiellement mortels comprennent notamment :

  • un âge avancé;
  • un degré d’incapacité élevé;
  • certaines affections concomitantes, comme une maladie cardiaque ou pulmonaire.

La chimiothérapie entraîne probablement l’infertilité chez les femmes et possiblement chez les hommes. Si vous envisagez d’avoir des enfants dans les années à venir, votre équipe soignante pourrait vous suggérer d’opter pour le prélèvement et la conservation d’ovules ou de sperme avant de subir le traitement par GCSHA. Globalement, les avancées réalisées au chapitre des soins destinés aux personnes ayant subi une greffe de cellules souches ont grandement amélioré l’innocuité de la GCSHA.

Quel est le coût d’une GCSHA?

Dans le cas des personnes admissibles à une GCSHA, le coût de ce traitement est couvert par le régime d’assurance-maladie de leur province. Toutefois, les dépenses personnelles – comme les frais de déplacement, le coût d’un hébergement temporaire (en dehors de l’hôpital) et les autres dépenses du quotidien – ne sont pas prises en charge.

Vous devez disposer d’une assurance-maladie provinciale valide pour recevoir des soins dans un établissement de santé du Canada, et certains centres de recherche ou de santé acceptent de prendre en charge uniquement des personnes couvertes par le régime d’assurance-maladie de la province où ils sont établis.

Advenant l’acceptation de votre demande de GCSHA, adressez-vous à votre équipe soignante si vous avez besoin d’une aide financière et de soutien quant à votre hébergement temporaire. Les membres de cette équipe pourraient vous parler d’éventuelles options en matière d’assurance-maladie privée ou d’aide financière offerte par les hôpitaux.

Comment savoir si un traitement par cellules souches vous convient?

Commencez par en parler à un ou une spécialiste de la SP ayant des connaissances relativement à la GCSHA. Discutez des bienfaits et des risques de ce type de traitement dans votre cas, ainsi que des options thérapeutiques axées sur les médicaments modificateurs de l’évolution de la SP. Comme la GCSHA implique la suppression du système immunitaire, cette approche comporte un risque d’infections graves. Des études ont démontré que la GCSHA peut être efficace et sans danger chez les personnes qui présentent les caractéristiques suivantes : 

  • Présenter une forme cyclique de SP. Selon la recherche, c’est contre les formes très actives de SP cyclique que la GCSHA est le plus efficace, car cette intervention cible l’inflammation en cours. La GCSHA ne permet pas la régénération des nerfs lésés par la SP ni la réparation de la myéline endommagée. Toutefois, en éliminant l’inflammation qui fait obstacle à la réparation et à la régénération du tissu nerveux, cette intervention peut favoriser le rétablissement.
     
  • Avoir moins de 50 ans. Les personnes qui avancent en âge sont plus susceptibles que les autres d’avoir un système immunitaire affaibli et de présenter d’autres troubles de la santé (comme une maladie cardiaque ou d’autres affections liées à l’âge) qui peuvent les exposer à un risque accru de complications après un traitement par GCSHA.
     
  • Avoir reçu un diagnostic de SP il y a moins de dix ans. Les personnes qui vivent avec la SP depuis longtemps peuvent présenter un degré d’incapacité élevé, ce qui peut accroître le niveau de risque associé à la GCSHA. De plus, l’accumulation de lésions permanentes est plus importante chez ces personnes comparativement aux autres.
     
  • Ne pas avoir répondu de façon optimale aux MMÉSP hautement efficaces. Malgré le recours à un traitement hautement efficace, les patients continuent de présenter de nouvelles lésions et de subir des poussées de SP. Parmi les MMÉSP hautement efficaces figurent l’alemtuzumab (Lemtradamd ), la cladribine (Mavencladmd), le natalizumab (Tysabrimd), l’ocrélizumab (Ocrevusmd), l’ofatumumab (Kesimptamd) et le rituximab (Rituxanmd et médicaments biosimilaires).

     

Pratique de la GCSHA dans d’autres pays

Les plans de traitement axés sur la GCSHA varient selon l’endroit où cette intervention est pratiquée. Des centres de traitement situés en dehors du Canada ont recours à différents médicaments et suivent divers protocoles. Or, dans le cas de certaines de ces approches, les données probantes dont on dispose relativement à la SP sont limitées ou inexistantes. 

Il est fortement recommandé aux personnes qui envisagent de se rendre à l’étranger pour y subir une GCSHA, ou tout autre type d’intervention médicale, d’en apprendre le plus possible sur le traitement qui leur est proposé et d’en parler avec leur équipe soignante avant de prendre quelque décision que ce soit.