Sommeil et SP

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Importance du sommeil dans le contexte de la SP

Tout le monde sait que le sommeil est important. Or, pour les personnes atteintes de SP, un sommeil de qualité s’avère essentiel au maintien de la santé générale, du degré d’énergie et du bien-être global. La recherche a démontré qu’il existe un lien entre le sommeil et la SP : un sommeil de piètre qualité peut contribuer à l’aggravation des symptômes de SP, et les symptômes de SP peuvent quant à eux faire obstacle au sommeil, ce qui crée un cercle vicieux pouvant avoir des répercussions sur la santé et la capacité d’accomplir les activités de la vie quotidienne. 

Effets possibles du sommeil sur la SP

L’organisme possède une « horloge biologique » interne de 24 heures qu’on appelle le « rythme circadien ». C’est cette horloge qui régit notamment le sommeil et l’éveil. Le rythme circadien contribue en outre à la régulation des hormones, de la température corporelle, du métabolisme et du système immunitaire.

Lorsque le rythme circadien est perturbé, le sommeil risque de perdre son effet réparateur. Le dérèglement de l’horloge biologique peut également nuire au bon fonctionnement du système immunitaire et accroître l’inflammation dans l’organisme. Comme la SP est une maladie liée au système immunitaire, des scientifiques s’intéressent à la façon dont de tels changements influent sur cette maladie. Cliquez ici pour en savoir plus sur une étude portant sur ce sujet. 

Retombées du sommeil sur la santé du cerveau

Durant le sommeil, le cerveau effectue d’importantes tâches s’apparentant à des « travaux d’entretien ». Voici quelques-unes des fonctions cérébrales que favorise le sommeil :

  • consolidation de la mémoire et des apprentissages; 
  • soutien de la concentration et de la pensée;
  • régulation de l’humeur et du bien-être émotionnel; 
  • réparation des cellules nerveuses; 
  • nettoyage des déchets accumulés durant la journée. 

Comme la SP prend pour cibles le cerveau et la moelle épinière et que ces fonctions peuvent être perturbées, le sommeil s’avère particulièrement important chez les personnes atteintes de cette maladie. 

Troubles du sommeil associés à la SP

Bon nombre de personnes atteintes de SP éprouvent des troubles du sommeil, parmi lesquels figurent les suivants : 

  • difficultés à s’endormir ou à rester endormi (insomnie); 
  • troubles de la respiration pendant le sommeil (apnée du sommeil); 
  • besoin impérieux de bouger les jambes durant la nuit en raison de sensations inconfortables (syndrome des jambes sans repos). 

Ces troubles du sommeil peuvent entraîner de la fatigue, des troubles de la concentration, des changements d’humeur et une diminution de la qualité de vie.

Effets possibles des symptômes de la SP sur le sommeil

Plusieurs symptômes causés par la SP peuvent nuire à la qualité du sommeil, dont les suivants : 

  • la douleur et l’inconfort;
  • les spasmes musculaires;
  • les envies fréquentes d’uriner pendant la nuit;
  • l’anxiété, le stress et la dépression.

Un sommeil de piètre qualité peut par ailleurs entraîner l’aggravation de certains des symptômes de SP. 

Autres facteurs pouvant nuire au sommeil

Dans le contexte de la SP, des facteurs autres que les symptômes liés à la maladie sont également susceptibles de contribuer aux troubles du sommeil. Certains médicaments utilisés dans le traitement de la SP peuvent quant à eux nuire au sommeil ou à la capacité de s’endormir ou de rester endormi. Des facteurs liés au mode de vie, dont des heures de sommeil irrégulières, de longues siestes, un faible niveau d’activité physique et de mauvaises habitudes avant le coucher (comme le fait de ne pas réduire le temps passé devant un écran avant d’aller au lit), sont aussi susceptibles de causer un dérèglement du cycle de sommeil. Certaines personnes atteintes de SP sont par ailleurs sensibles à la chaleur. Une élévation de la température corporelle peut donc diminuer la qualité du sommeil. 

Répercussion des troubles du sommeil sur la fatigue et la pensée

La fatigue constitue l’un des symptômes les plus courants de la SP. La fatigue liée à la SP diffère du sentiment de fatigue qu’on peut ressentir après une journée bien remplie, par exemple. Dans le contexte de la SP, la fatigue peut se faire sentir même au réveil, après une bonne nuit de sommeil. Or, les troubles du sommeil peuvent aggraver la fatigue liée à la SP, ce qui a pour effet d’exacerber le sentiment d’épuisement éprouvé. 

Lorsqu’on dort mal, il devient difficile d’avoir les idées claires. Bon nombre de personnes font état d’une diminution de la vitesse de traitement de l’information, de troubles de la concentration, ou de troubles de la mémoire lorsqu’elles ne dorment pas bien. Un meilleur sommeil ne permettra pas de soulager la fatigue causée par la SP, mais il peut améliorer considérablement le degré d’énergie ressentie, l’humeur et les capacités cognitives. 

Amélioration du sommeil

Si vous avez de la difficulté à trouver le sommeil, parlez-en à votre équipe soignante. Parmi les stratégies qui pourraient vous être utiles figurent les suivantes : 

  • Suivre un horaire de sommeil régulier.
  • Limiter la consommation de caféine en fin de journée.
  • Créer un environnement tranquille, favorable au sommeil.
  • Traiter les troubles du sommeil sous-jacents.
  • Suivre une thérapie cognitivo-comportementale axée sur l’insomnie (TCC-I).

Le sommeil joue un rôle prédominant dans la santé globale et la santé du cerveau. Dans le contexte de la SP, un sommeil de qualité peut influer favorablement sur le niveau d’énergie, l’humeur, la pensée et la qualité de la vie. Plus les chercheurs et chercheuses en apprennent sur les liens existants entre la SP et le sommeil, plus nous approfondissons nos connaissances sur l’importance du sommeil dans la prise en charge de la SP. 

Stratégies favorisant l’amélioration du sommeil

En premier lieu, portez une attention particulière à vos habitudes de sommeil. Certaines personnes trouvent utile de tenir un journal en lien avec leur sommeil pendant quelques semaines pour noter l’heure à laquelle elles vont au lit, le temps qu’il leur faut pour s’endormir, le degré de récupération ressenti le matin venu, et les facteurs qui ont eu une incidence sur leur sommeil, y compris des symptômes ou la consommation de caféine ou d’alcool. 

Certaines habitudes favorisent un meilleur sommeil, comme le fait d’instaurer un horaire régulier avant le coucher pour aider l’organisme à comprendre qu’il est temps de ralentir. Réduire l’intensité de la luminosité, limiter le temps passé devant un écran et opter pour un repas léger en soirée peuvent faciliter l’endormissement. 

Voici quelques stratégies que vous pourriez tenter de mettre en pratique pour améliorer votre sommeil :

  • Effectuer des exercices mentaux, comme « compter des moutons » ou répéter un mot ou une phrase.
  • Faire de la visualisation : imaginez-vous en train de vous endormir dans un endroit paisible.
  • Pratiquer la relaxation progressive, laquelle consiste à contracter et à relâcher différents groupes musculaires les uns après les autres. Les personnes qui souffrent de spasticité doivent faire preuve de prudence lorsqu’elles recourent à cette approche. 
  • Limiter la durée des siestes durant la journée. Les longues siestes peuvent entraver l’endormissement à l’heure du coucher. 
  • Limiter le temps passé devant un écran avant le coucher. La recherche a démontré que l’emploi des appareils portatifs nuit à la qualité du sommeil, réduit le nombre d’heures de sommeil, et favorise la somnolence excessive durant le jour. 
  • Recourir à des suppléments naturels, comme la mélatonine. Toutefois, comme certains suppléments peuvent interagir avec des médicaments d’ordonnance ou avoir des effets sur le système immunitaire, il importe de discuter avec son équipe soignante de la prise de suppléments avant d’amorcer celle-ci, car certains produits pourraient être contre-indiqués en cas de SP. 
  • Discuter avec son médecin de l’apnée du sommeil. Environ 50 p. 100 des personnes atteintes de SP souffrent d’apnée du sommeil, mais dans la plupart des cas, ce trouble n’est pas traité. Or, parmi les bienfaits que procure le traitement à long terme de l’apnée du sommeil dans le contexte de la SP figurent une réduction de la fatigue et une amélioration de la santé physique.

L’environnement dans lequel on dort doit également être propice au sommeil. Un matelas et un oreiller offrant un bon soutien sont à privilégier. La chambre doit être sombre et fraîche, et le bruit doit être réduit. Si des symptômes de la SP vous empêchent de dormir, discutez avec votre équipe soignante des options de prise en charge de la douleur, de la spasticité, des troubles vésicaux ou urinaires, ou de l’horaire de prise des médicaments. 

Si votre sommeil n’est pas réparateur, si vous ronflez de façon très sonore, ou si vous ressentez de la somnolence durant la journée, un examen de votre sommeil pourrait s’avérer utile. Une évaluation du sommeil permet de diagnostiquer des troubles tels que l’apnée du sommeil et le syndrome des jambes sans repos, qu’il est possible de traiter. 

Quand faut-il demander de l’aide?

Si vous présentez des troubles du sommeil qui se répercutent sur votre degré d’énergie, votre humeur et vos activités quotidiennes, parlez-en avec votre équipe soignante. Vous devriez également consulter celle-ci si on vous a déjà mentionné que vous ronflez, haletez ou cessez de respirer momentanément lorsque vous dormez. 

Les troubles du sommeil ne font pas toujours partie des discussions lors des rendez-vous médicaux, raison pour laquelle ils passent souvent inaperçus. Or, ceux-ci peuvent avoir une incidence considérable sur la vie de tous les jours et les symptômes de SP. 

La prise en charge rapide des troubles du sommeil peut permettre de prévenir l’aggravation de certains symptômes et favoriser une amélioration de la qualité de vie en général.