Des spécialistes internationaux élaborent une stratégie mondiale de prévention de la sclérose en plaques

SP Canada et MS Australia dirigent cette initiative axée sur la prévention

SP Canada text-logo in black text against a white background.
MS Australia's text-based logo featuring the letters 'MS' in a red box and black text with the words 'Research, Advocacy, Cure' to the right side.

Un rapport publié cette semaine dans la revue « MS Journal » souligne la création de la première stratégie internationale coordonnée ayant pour objet la prévention de la sclérose en plaques (SP), à savoir une maladie qui touche plus de trois millions de personnes à l’échelle de la planète.

Ce rapport fait état des résultats d’un atelier international unique, dirigé par SP Canada et MS Australia, auquel ont participé plus de 60 spécialistes dont l’objectif était de définir l’orientation que devrait suivre la recherche axée sur la prévention de la SP au cours de la prochaine décennie.

Grâce à l’amélioration constante des traitements ciblant la SP et à une compréhension accrue des facteurs de risque de cette maladie, la voie à emprunter en vue de prévenir cette affection nous semble plus évidente que jamais.

Cette nouvelle initiative de prévention est en phase avec la feuille de route intitulée « The Pathways to Cures Roadmap » (feuille de route pour la quête de remèdes contre la SP), laquelle définit les domaines de la recherche les plus prometteurs en ce qui concerne les possibilités à exploiter pour stopper la SP et prévenir la formation de nouvelles lésions, rétablir les capacités fonctionnelles et réparer les tissus lésés par la maladie, et ultimement éradiquer la SP en prévenant l’apparition de celle-ci.

Par le passé, seuls six pour cent des fonds investis à l’échelle mondiale dans la recherche sur la SP étaient affectés aux efforts consentis à la prévention de cette maladie.

Mme Pamela Valentine, présidente et chef de la direction de SP Canada, explique que des données convaincantes indiquent qu’en ce qui concerne la SP, bon nombre de facteurs sont modifiables et que le recours à des interventions précoces pourrait réduire considérablement le fardeau de la SP dans les années à venir. 

« Notre objectif est ambitieux, mais des découvertes majeures, l’évolution de la technologie et l’essor que connaît la recherche sur la SP nous offrent une occasion sans précédent. La stratégie que nous mettrons en œuvre mènera à l’approfondissement des connaissances sur les risques de SP et aidera les médecins à diagnostiquer et à traiter cette affection de façon plus précoce qu’à l’heure actuelle. Il est maintenant temps de miser sur la prévention de la SP », précise Mme Valentine.

Auteure principale du rapport dont il est ici question et coprésidente de l’atelier susmentionné, la professeure Ruth Ann Marrie, de l’Université Dalhousie, au Canada, abonde dans le même sens.

« De récentes avancées scientifiques sur la compréhension de la SP – tout comme divers progrès réalisés au chapitre de la prévention d’autres affections auto-immunes – suscitent de nouveaux espoirs qui font que la prévention de la SP ne constitue plus une simple aspiration, mais plutôt un objectif réaliste », ajoute la professeure Marrie.

L’atelier mondial consacré à la prévention de la SP, qui s’est tenu cette année à Lisbonne, au Portugal, a porté sur les processus biologiques qui précèdent l’apparition de la SP et permis la détermination de possibilités à mettre à profit pour qu’on puisse intervenir bien avant la survenue des symptômes de cette affection.

Les recommandations formulées à l’occasion de cet atelier plaident en faveur d’une stratégie de prévention multidimensionnelle orientée par la compréhension de l’évolution de la SP.

Le professeur Bruce Taylor, du Menzies Institute for Medical Research, affilié à l’Université de Tasmanie, et coprésident de l’atelier, rapporte que les processus biologiques menant à la SP s’enclenchent des années avant l’apparition de symptômes physiques.

« Il existe des interactions entre des facteurs génétiques et environnementaux, ce qui se traduit ultimement par la présence de signes cliniques de SP, lors de la survenue de symptômes. 

« Si nous parvenons à mieux comprendre ces mécanismes, nous pourrions détecter la SP plus tôt et trouver des façons de prévenir ou de stopper cette maladie ou d’en ralentir l’évolution », explique le professeur Taylor.

Les interventions envisageables quant à la prévention de la SP peuvent être répertoriées comme suit, selon le moment où elles sont censées être mises en œuvre.

  • Prévention primordiale : Prévenir la survenue des facteurs de risque tels que l’obésité durant l’enfance ou la contraction de la mononucléose infectieuse.
  • Prévention primaire : Cibler les facteurs modifiables déjà présents, comme une carence en vitamine D ou le tabagisme, pour prévenir le déclenchement de la SP.
  • Prévention secondaire : Exploiter les nouveaux marqueurs de la SP pour détecter la maladie à ses tout premiers stades, sur le plan biologique, et stopper la progression de celle-ci avant l’apparition de symptômes cliniques.

Les scientifiques ont cerné plusieurs facteurs de risque environnementaux et liés au mode de vie à propos desquels il est possible d’intervenir, ce qui pourrait donner lieu à une réduction considérable du risque de SP associé à ces facteurs. 

Par ailleurs, une étude phare dont les résultats semblent indiquer qu’une infection par le virus d’Epstein-Barr (VEB) s’avère nécessaire à l’apparition de la SP fait ressortir un domaine prioritaire d’intervention. La mise au point de nouveaux vaccins ou d’agents antiviraux pourrait notamment être envisagée. 

Nous devons en outre intensifier la recherche en vue de la découverte et de la validation de biomarqueurs qui permettront d’accélérer le dépistage de la SP, et plus particulièrement de tests grâce auxquels des changements au sein du système immunitaire pourront être décelés. 

Pour qu’on parvienne à prévenir la SP, des efforts collaboratifs devront être consentis à l’échelle planétaire. Des investissements seront également requis dans les technologies de dépistage précoce, et il faudra un engagement réfléchi relativement aux questions d’ordre éthique entourant le repérage des sujets à haut risque de SP. 

M. Rohan Greenland, président et chef de la direction de MS Australia, insiste sur le fait que la collaboration s’avère capitale pour assurer le succès de cette initiative mondiale. 

« La nécessité impérieuse de nous mobiliser dans le cadre d’un véritable effort mondial ressort de l’atelier que nous avons tenu et du rapport qui a été publié. » 

« En collaboration avec son organisme partenaire, SP Canada, MS Australia se réjouit à la perspective de rallier les services de santé publique, les centres de recherche et les groupes de défense des droits et des intérêts des patients et patientes en de vastes coalitions en vue de la mise en place d’interventions efficaces, abordables et accessibles à l’échelle mondiale », a mentionné M. Greenland. 

 

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À propos de l’initiative mondiale sur la prévention et le dépistage précoce de la SP 
Nouvellement lancée, l’initiative internationale dont il est ici question est axée sur la prévention et le dépistage précoce de la sclérose en plaques (SP). En vue de soutenir cette initiative, des investissements seront consentis par les organismes SP Canada et MS Australia à hauteur de 5 millions de dollars et de 2 5 millions de dollars respectivement sur une période de cinq ans. Ces deux organismes uniront leurs efforts à ceux de collaborateurs internationaux et d’un groupe mondial stratégique de recherche sur la SP pour financer des travaux de recherche sur les facteurs de risque et les stades précliniques de la SP.

Les efforts qui sont ainsi déployés à l’échelle mondiale s’appuient sur de solides assises constituées par les initiatives et les partenariats de recherche internationaux existants et font suite à la dernière version du document intitulé « The Pathways to Cures Roadmap » (feuille de route pour la quête de remèdes contre la SP), lequel décrit les domaines de la recherche les plus prometteurs en ce qui concerne les possibilités à exploiter pour stopper la SP, rétablir les capacités fonctionnelles et réparer les tissus lésés par la maladie, ainsi qu’éradiquer la SP par la prévention.

À propos de SP Canada
À SP Canada, la vision qui nous inspire est celle d’un monde sans sclérose en plaques (SP). Nous concentrons tous nos efforts sur la prestation de services de soutien, la défense des droits et des intérêts, ainsi que la recherche dont les retombées auront un impact positif sur la vie des personnes atteintes de SP ou ayant à composer, d’une manière ou d’une autre, avec cette maladie. Depuis plus de 75 ans, notre organisme constitue pour la collectivité de la SP une source fiable de programmes, de ressources et de services destinés à aider les gens touchés par la SP dans leur cheminement aux côtés de cette maladie. Nous militons en faveur de politiques améliorées permettant d’éliminer les obstacles et d’accroître le bien-être des Canadiens et Canadiennes qui vivent avec la SP. Nous investissons dans des travaux de recherche susceptibles de changer des vies – axés sur l’amélioration des traitements et des soins, le renforcement du bien-être, la compréhension et l’enrayement de la progression de la SP, ainsi que la prévention de cette maladie. 

Pour obtenir plus d’information, visitez le spcanada.ca.

À propos de MS Australia
MS Australia est l’organisme sans but lucratif national de l’Australie voué à la sclérose en plaques (SP). Il soutient la recherche axée sur la découverte de moyens de traiter, de prévenir et de guérir la SP, milite en faveur d’améliorations durables aux politiques systémiques, et agit comme porte-parole national de la collectivité des personnes touchées par la SP de l’Australie. 

MS Australia travaille de concert avec les organismes de la SP des États et des territoires de l’Australie, de même qu’avec les gens atteints de SP, leurs proches aidants et aidantes, leur famille, leurs amis, et d’autres instances nationales et internationales en vue de l’atteinte des objectifs suivants :  

  • financer, coordonner et appuyer la recherche sur la SP et informer la population à propos de celle-ci afin de contribuer aux efforts mondiaux visant à stopper la SP;
  • diffuser l’information et les ressources les plus récentes fondées sur des données probantes;
  • répondre aux besoins des personnes touchées par la SP.  
     

https://www.msaustralia.org.au/