L’Alliance affecte 6,9 millions d’euros à trois études axées sur l’exploration d’approches thérapeutiques en lien avec la prise en charge des symptômes de la SP progressive les plus courants

Les bourses offertes dans le cadre de la deuxième phase de l’initiative de l’Alliance axée sur le bien-être sont destinées au financement d’études d’efficacité qui consisteront à mettre à l’épreuve des stratégies d’intervention et de réadaptation particulières, ainsi qu’à entrevoir les modalités de mise en œuvre de telles stratégies à l’échelle mondiale.  

L’Alliance internationale pour la recherche sur la SP progressive (International Progressive MS Alliance – l’Alliance) a alloué 6,9 millions d’euros à trois projets de recherche issus de pays différents, dont le Canada, qui permettront l’exploration de diverses approches axées sur la prise en charge des symptômes les plus fréquents des formes progressives de SP, comme la fatigue, les troubles cognitifs, la douleur et la perte de mobilité. 

Les bourses accordées maintenant par l’Alliance en vue du financement d’études sur l’efficacité en lien avec le bien-être sont offertes dans le cadre de la deuxième phase d’une initiative consacrée à la recherche sur le bien-être, à savoir un programme de grande envergure et à étapes multiples destiné à faciliter la conception, la mise à l’épreuve et l’application d’approches novatrices centrées sur certains des aspects les plus éprouvants de la vie aux côtés de la SP progressive.  

Les trois projets de recherche dont il est ici question sont les suivants : 

  • Comparaison de diverses stratégies de prise en charge de la douleur (stratégies autogérées, guidées par des entraîneurs ou dirigées par des thérapeutes) chez des adultes atteints de sclérose en plaques progressive 

Dirigée par Dawn Ehde, Ph. D., chercheuse à l’œuvre au sein de la Faculté de médecine de l’Université de Washington (États-Unis), cette étude consistera à comparer un programme de thérapie et de bien-être axé sur la télésanté, qui proposera des stratégies autogérées de prise en charge de la douleur, avec un programme en ligne similaire qui pourra être suivi de façon autonome ou avec le soutien d’un ou d’une spécialiste en la matière. En s’appuyant sur les résultats de son étude, l’équipe de recherche élaborera et mettra à la disposition des personnes concernées diverses ressources clés, comme des données utiles au chapitre de l’adaptation dans différents contextes, des carnets de travail, des plans généraux de mise en œuvre et plus encore. 

  • L’amorçage cérébral peut-il accroître les chances de succès des programmes de réadaptation dans le contexte de la SP progressive? Essai Can-PRIME MS  

Codirigée par Lara Pilutti, Ph. D., de l’Université d’Ottawa, et Sarah Donkers, Ph. D., de l’Université de la Saskatchewan, cette étude menée au Canada consistera à vérifier si l’amorçage cérébral fondé sur la stimulation transcranienne à courant continu, sur l’exercice aérobique, ou sur une combinaison de ces deux approches permettrait d’obtenir de meilleurs résultats s’il était pratiqué préalablement à un entraînement orienté vers l’exécution de tâches et l’amélioration de la mobilité et des capacités cognitives. Les auteures de cette étude ont pour objectif de déterminer quelle approche combinant amorçage cérébral et réadaptation serait la plus efficace quant aux améliorations fonctionnelles sur le plan de la mobilité et de la cognition chez les personnes qui vivent avec une forme progressive de SP.  

  • Programme d’exercices multimodal personnalisé et adaptatif, destiné à améliorer l’aptitude à la marche des personnes aux prises avec la SP progressive et une fatigabilité excessive 

Dirigée par Peter Feys, Ph. D., de l’Université de Hasselt (Belgique), cette étude consistera à vérifier si le recours à un programme personnalisé et adapté peut aider les gens atteints de SP progressive à marcher sur de plus longues distances et de façon plus sûre grâce à l’atténuation des symptômes de fatigabilité – on entend ici par « fatigabilité » le fait que les capacités fonctionnelles de ces personnes s’amenuisent à mesure qu’elles marchent. Participeront à cette étude des personnes présentant un degré d’incapacité modéré ou élevé, soit une catégorie de gens qui, souvent, fait l’objet de peu d’attention. Ces personnes suivront un programme d’exercices personnalisé, qui aura été conçu selon leurs propres difficultés au chapitre de la marche et dont l’intensité augmentera au fil du temps. S’il s’avère efficace, ce type d’intervention pourrait constituer une nouvelle approche fondée sur des données probantes qui, dans un cadre clinique, permettrait d’améliorer la mobilité dans des contextes réels de réadaptation. 

« L’Alliance a notamment pour mandat d’agir avec diligence en permettant la découverte de solutions concrètes et significatives au profit des gens qui vivent avec une forme progressive de SP, et de faire en sorte que cela se réalise le plus rapidement possible », précise le Dr Robert Fox, président du comité scientifique directeur de l’Alliance et neurologue spécialiste de la SP au Centre Mellen de sclérose en plaques de la Clinique de Cleveland (États-Unis). « Les projets de recherche que l’Alliance a décidé d’appuyer ont été sélectionnés sur la base de leur valeur scientifique et de l’impact considérable qu’ils pourraient avoir sur la vie des gens qui sont aux prises avec la SP progressive. Leur potentiel réside aussi dans le fait que les interventions qui seront à l’étude pourront, une fois validées, être rapidement mises en application. » 

Comme tous les travaux de recherche subventionnés par l’Alliance, les études dont il est ici question impliquent la participation de personnes atteintes de SP progressive tout au long du processus, allant de l’idéation à la réalisation des études. Chacune des trois équipes de recherche a fait appel à un conseil consultatif ou à une équipe de mission composée de personnes atteintes de SP progressive, dont les membres ont donné leur avis sur le protocole et les exigences de l’étude concernée – avis que les chercheurs et chercheuses ont intégré dans leur proposition de recherche. De plus, l’équipe de mission des personnes touchées par la SP à l’œuvre au sein de l’Alliance a apporté sa contribution quant à la sélection des projets à financer en prenant part à l’examen des propositions de recherche soumises à l’Alliance.  

« Nous passons en revue chacune des propositions de recherche et déterminons dans quelle mesure il sera facile pour des personnes atteintes de SP progressive de participer à l’étude qui est proposée. Et si l’approche thérapeutique envisagée s’avère concluante, notre attention porte sur la façon dont cette approche pourrait être intégrée dans le système de soins de santé », explique Marie Vaillant, membre de l’équipe de mission des personnes touchées par la SP et du comité scientifique directeur de l’Alliance. « Je suis très enthousiaste à propos des projets de recherche qui ont été choisis, car ceux-ci portent sur des questions ayant un impact sur le bien-être des personnes atteintes d’une forme progressive de SP et pourraient mener à l’élaboration d’options thérapeutiques dont les gens ont tant besoin. »

Les trois études retenues ont été sélectionnées parmi les neuf projets de recherche qui, en 2023, avaient fait l’objet d’un financement sous forme de bourses d’exploration dans le cadre de la première phase de l’initiative de l’Alliance consacrée à la recherche sur le bien-être. « Tous les projets subventionnés lors de la première phase de l’initiative axée sur le bien-être se sont avérés prometteurs quant à la mise au point de futurs traitements. Même si nous ne pouvions pas financer l’ensemble de ces projets dans le cadre de la deuxième phase de notre initiative, nous espérons que des progrès continueront d’être accomplis quant aux solutions qui étaient envisagées », ajoute le Dr Fox.  

Les trois études d’efficacité financées par l’Alliance devraient être mises en œuvre au cours des quelques prochaines années, et les rapports finaux les concernant devraient être présentés dans quatre ou cinq ans. 

  

À propos de l’Alliance internationale pour la recherche sur la SP progressive 

L’Alliance internationale pour la recherche sur la SP progressive est une initiative mondiale sans précédent à laquelle collaborent des organismes nationaux de la SP (dont SP Canada), des chercheurs et chercheuses, des professionnels et professionnelles de la santé, des sociétés pharmaceutiques, des fondations, des donateurs et donatrices, ainsi que des personnes atteintes de SP progressive, en vue d’accélérer l’élaboration de traitements pouvant changer la vie des gens aux prises avec une forme progressive de SP. Notre promesse n’est pas seulement porteuse d’espoir, elle est également génératrice de progrès.