Santé des femmes et SP

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Four women stand together with their arms behind eachother.

Les femmes sont jusqu’à trois plus susceptibles que les hommes d’être atteintes de SP et sont généralement âgées de 20 à 49 ans lorsqu’elles reçoivent un diagnostic de SP. Les répercussions de cette maladie varient grandement d’une personne à l’autre, et certains aspects de la santé touchent différemment les femmes et les hommes. Dans la présente section, nous aborderons quelques-unes des situations les plus couramment vécues par les femmes atteintes de SP et donnerons des conseils pratiques sur la prise en charge à envisager dans pareils cas. 

SP ET HORMONES

Les hormones féminines, en particulier l’œstrogène et la progestérone, semblent jouer un rôle quant à l’apparition de la SP et à l’activité de cette maladie tout au long de la vie des femmes qui en sont atteintes. Les taux de ces hormones varient durant la puberté, les cycles menstruels, la grossesse, la période post-partum (après l’accouchement) et la ménopause. Il convient donc de souligner que ces étapes de la vie d’une femme peuvent influer différemment sur la SP.

  • Puberté. La SP est plus fréquente chez les filles que chez les garçons, une fois la puberté passée, ce qui porte à croire que les hormones féminines pourraient contribuer à un risque accru de SP. 
  • Grossesse. L’augmentation des taux d’hormones durant la grossesse tend à modérer l’activité du système immunitaire. Les femmes atteintes de SP subissent moins de poussées qu’à l’ordinaire lorsqu’elles sont enceintes, surtout lors du troisième trimestre.
  • Période post-partum. Les taux d’hormones baissent rapidement après l’accouchement, ce qui peut mener à une augmentation temporaire de la fréquence des poussées durant les quelques mois suivant la naissance du bébé.
  • Ménopause. Comme les taux d’œstrogène baissent durant la ménopause, certaines femmes rapportent des changements quant à leurs symptômes. Après la ménopause, les poussées deviennent moins fréquentes, mais les symptômes de SP peuvent s’aggraver graduellement.

Des travaux de recherche sont menés actuellement par des scientifiques qui tentent de cerner les effets des changements hormonaux sur le cours de la SP tout au long de la vie des femmes atteintes de cette affection.

MENSTRUATIONS

En général, la SP n’altère pas la régularité du cycle menstruel. Toutefois, les changements hormonaux survenant durant le cycle menstruel peuvent influer sur la façon dont les femmes atteintes de SP se sentent au quotidien. Bon nombre de ces dernières constatent, durant les jours qui précèdent leurs règles, la présence de symptômes tels que la fatigue et des sautes d’humeur, ainsi que l’aggravation d’autres troubles existants comme la faiblesse, les engourdissements ou des pertes d’équilibre. Ces changements sont généralement de courte durée et s’estompent dès le début des règles. Davantage de travaux de recherche devront être réalisés pour qu’on puisse vraiment comprendre les raisons de ces changements et les liens de ces derniers avec la SP. 

Effets des médicaments sur le cycle menstruel 

Les médicaments prescrits contre la SP n’ont généralement pas d’effets sur le cycle menstruel. Consultez votre équipe soignante si vous pensez que les médicaments que vous prenez ont une incidence sur votre cycle menstruel et faites-lui savoir si vous éprouvez n’importe quel effet secondaire.

Prise en charge des problèmes liés aux menstruations

Certaines femmes atteintes de SP rapportent que l’aggravation des symptômes lors des menstruations peut devenir difficile. En cas de symptômes altérant les mouvements des mains ou des bras, l’utilisation de produits d’hygiène féminine peut s’avérer ardue. Si les règles finissent par constituer un véritable défi, il conviendrait peut-être de limiter, voire de supprimer les menstruations en ayant recours à une pilule contraceptive de façon prolongée ou continue, ou à un dispositif intra-utérin (DIU) hormonal. Si vous envisagez l’une de ces solutions, parlez-en à votre fournisseur de soins de santé pour connaître toutes les options envisageables dans votre cas.

CONTRACEPTION

Le fait d’opter pour le recours à la contraception constitue une décision personnelle, et c’est votre quotidien aux côtés de la SP qui pourrait déterminer ce qui vous conviendrait à ce chapitre. Certaines méthodes contraceptives comportent des effets secondaires qui peuvent s’apparenter à des symptômes de SP. Un fournisseur de soins de santé peut vous aider à passer en revue les options qui s’offrent à vous et à choisir la méthode contraceptive qui constituera pour vous une solution sûre et pratique. Si vous ne souhaitez pas tomber enceinte, il importe que vous optiez pour une forme de contraception fiable.

Méthodes contraceptives réversibles à longue durée d’action

Parmi les méthodes contraceptives réversibles à longue durée d’action figurent les DIU hormonaux ou au cuivre. Un DIU consiste en un petit dispositif en forme de T qui est introduit dans la cavité utérine par un professionnel ou une professionnelle de la santé. Selon le type utilisé, un tel dispositif peut généralement rester en place durant une période variant de trois à dix ans. Les DIU hormonaux peuvent alléger le flux menstruel au fil du temps et, chez certaines femmes, avoir un effet sur l’humeur, surtout chez celles qui ont des antécédents de dépression ou d’anxiété. Les DIU au cuivre ne libèrent aucune hormone et peuvent accroître le flux menstruel et l’intensité des crampes dans un premier temps.

Contraceptifs oraux

Pilule combinée 

Une pilule combinée (ou contraceptif oral combiné) est composée d’un œstrogène et d’un progestatif et se prend à raison d’un comprimé par jour. Comme il contient de l’œstrogène, ce type de contraceptif augmente légèrement le risque de formation de caillots sanguins, et ce risque est accru chez les femmes qui ont d’importants problèmes de mobilité. Le recours à cette méthode peut aussi causer de la nausée, une hypersensibilité des seins, des maux de tête ou des sautes d’humeur. La prise de certains médicaments ou suppléments peut également réduire l’efficacité d’un contraceptif oral combiné – d’où l’importance d’indiquer à votre fournisseur de soins de santé tous les médicaments et suppléments que vous prenez.

Pilule progestative 

Une pilule progestative (ou contraceptif oral progestatif) – souvent appelée « micropilule » – contient seulement un progestatif et doit être prise une fois par jour, à la même heure chaque jour. Il peut s’agir d’une option intéressante pour les femmes qui ne peuvent prendre un œstrogène. Un contraceptif oral progestatif peut causer des saignements irréguliers et, comme la pilule combinée, être à l’origine de sautes d’humeur. 

Anneau vaginal

Ce qu’on appelle « anneau vaginal » (ou anneau contraceptif hormonal) est un petit anneau souple qu’on insère soi-même dans le vagin, où il doit demeurer durant trois semaines. Après ce délai, ce dispositif doit être retiré pour une pause d’une semaine. Il libère les mêmes hormones comprises dans une pilule combinée. Comme il contient de l’œstrogène, son utilisation accroît légèrement le risque de caillots sanguins – risque qui est plus élevé chez les femmes ayant une mobilité nettement réduite. Chez certaines femmes, ce dispositif peut aussi provoquer une irritation vaginale, des maux de tête et des sautes d’humeur.

Timbre transdermique

Un timbre transdermique contraceptif s’applique directement sur la peau et doit être remplacé chaque semaine durant trois semaines, période au bout de laquelle il faut attendre une semaine avant d’appliquer un nouveau timbre. Le mode d’action d’un timbre transdermique est semblable à celui d’une pilule combinée, mais ce moyen de contraception n’implique pas d’application quotidienne. Comme les timbres transdermiques contiennent de l’œstrogène, leur utilisation accroît légèrement le risque de caillots sanguins – risque dont il faut tenir compte dans le cas des femmes qui éprouvent d’importantes difficultés sur le plan de la mobilité. Un timbre transdermique peut aussi irriter la peau et, comme ce serait le cas avec une pilule contraceptive, son utilisation peut avoir des effets secondaires liés à l’action des hormones libérées par ce dispositif, y compris des sautes d’humeur.

Implant contraceptif

L’implant contraceptif est un bâtonnet souple qui est inséré sous la peau du haut du bras par un professionnel ou une professionnelle de la santé. Ce dispositif libère un progestatif, ce qui a pour effet de prévenir la grossesse durant une période pouvant aller jusqu’à trois ans. Chez certaines femmes, l’utilisation d’un implant contraceptif peut provoquer des changements touchant le flux menstruel – lequel peut diminuer, augmenter ou devenir irrégulier – et possiblement des sautes d’humeur ou des variations de poids. 

Injections contraceptives

Les injections contraceptives – qui consistent à administrer un progestatif – doivent être effectuées tous les trois mois par un professionnel ou une professionnelle de la santé. Certaines femmes ainsi traitées présentent des saignements irréguliers, des variations de poids ou des sautes d’humeur. Le recours à cette méthode peut aussi avoir des répercussions sur la solidité des os. Par conséquent, en cas d’injections contraceptives, il importe de surveiller la santé des os des femmes dont la mobilité est réduite ou qui ont déjà été traitées par des stéroïdes.

Méthodes barrières

Les méthodes barrières comprennent les condoms, les condoms féminins et les diaphragmes. Portés sur le pénis durant les rapports sexuels, les condoms contribuent à la prévention des grossesses et à la réduction du risque d’infections transmissibles sexuellement (ITS). L’utilisation des condoms féminins repose sur le même principe, mais ceux-ci sont à placer à l’intérieur du vagin avant les relations sexuelles. Un diaphragme consiste en une coupelle faite d’une matière souple qu’on insère au fond du vagin de façon à couvrir le col de l’utérus. Ce dispositif doit être utilisé avec un spermicide, soit une crème ou un gel conçu pour empêcher la migration des spermatozoïdes vers l’ovule. Les femmes atteintes de SP qui éprouvent de la faiblesse ou des engourdissements au niveau des mains ou encore des troubles de la coordination pourraient trouver certaines méthodes barrières plus ardues que d’autres. Les méthodes barrières peuvent être moins efficaces que les autres moyens contraceptifs, et il importe d’y avoir recours lors de chaque rapport sexuel.

Pour obtenir plus d’information au sujet de la contraception, visitez le site Web intitulé Ça se planifie

MMÉSP ET SANTÉ GYNÉCOLOGIQUE

Des traitements modificateurs de l’évolution de la SP (MMÉSP) sont associés à un risque accru de certains problèmes gynécologiques. En effet, si un médicament réduit l’activité de la SP en modifiant ou en supprimant l’action du système immunitaire, il peut compromettre l’efficacité de ce dernier à écarter les virus courants et à maintenir l’équilibre de la flore vaginale.

Virus du papillome humain

Le virus du papillome humain (VPH) est un virus commun qui se transmet par voie sexuelle. Dans la plupart des cas, l’élimination de ce virus se fait naturellement, mais il arrive que celui-ci reste dans l’organisme plus longtemps qu’il ne devrait et que sa présence entraîne des modifications dans les tissus du col de l’utérus au fil du temps. La prévention des infections par le VPH repose sur la vaccination et des examens réguliers du col de l’utérus. Au Canada, le vaccin contre le VPH est offert dans le cadre des programmes scolaires aux élèves du primaire, et dans de nombreuses provinces, le vaccin contre le VPH est offert gratuitement aux personnes âgées de 26 ans ou moins qui n’ont pas été vaccinées à l’école. Dans la province de Québec, la gratuité de la vaccination contre le VPH est assurée jusqu’à l’âge de 20 ans. Comme le coût et le niveau de couverture de ce vaccin varient d’une province ou d’un territoire à l’autre, certaines personnes adultes peuvent avoir à assumer des frais pour se faire vacciner contre le VPH. Les personnes traitées par un médicament qui inhibe l’activité du système immunitaire peuvent bénéficier d’un programme de vaccination contre le VPH financé par le gouvernement de leur province ou territoire. Les femmes devraient faire l’objet d’un suivi régulier relativement au col de l’utérus, à l’aide de tests Pap ou de tests de dépistage du VPH, comme le recommandent les services locaux de santé publique. Pour en savoir plus sur le dépistage du cancer du col de l’utérus, veuillez vous adresser à votre fournisseur de soins de santé.

Infections vaginales

Certains traitements peuvent accroître la fréquence des infections à levure ou des infections bactériennes ou rendre de telles infections difficiles à traiter. En cas d’irritation, de démangeaisons ou de pertes anormales, il importe de consulter un fournisseur de soins de santé à propos des options thérapeutiques à envisager pour contrer l’infection qui est en cause.

Virus Herpes simplex 

Le virus Herpes simplex (VHS) est un virus fréquent qui demeure à vie dans l’organisme des personnes qui y ont été exposées. Il se transmet par contact direct (peau à peau) avec la région où le virus est actif chez la personne qui en est déjà porteuse. Bon nombre de gens portent en eux ce virus sans toutefois présenter de symptômes, et en cas de symptômes, ceux-ci se manifestent de façon intermittente. Il peut s’agir de l’apparition d’un herpès labial (souvent appelé « feu sauvage ») ou génital. L’action de certains MMÉSP peut réduire la capacité de l’organisme à maintenir le VHS dans un état inactif, ce qui peut mener à des poussées d’herpès. Les médicaments antiviraux prescrits en cas d’herpès peuvent contribuer à l’atténuation des symptômes ou à la réduction de la fréquence des poussées.

Examens de suivi réguliers et rendez-vous médicaux

Un suivi consistant en des contrôles médicaux réguliers par votre fournisseur de soins de santé principal, comme votre médecin de famille, contribuera grandement au maintien de votre santé et vous aidera à suivre le calendrier recommandé en matière de dépistage. Si vous avez besoin d’accommodements ou d’une assistance pour vous rendre à vos rendez-vous médicaux, faites-en part à la personne à qui vous parlez lors de la prise de rendez-vous. Vous pourriez notamment vérifier si l’édifice où se trouve la clinique médicale est accessible et si l’équipement qui sera utilisé est bien adapté. 

  • C’est généralement à l’âge de 25 ans que les femmes commencent à subir des tests de dépistage du cancer du col de l’utérus. Dans la plupart des cas, ces tests sont pratiqués à intervalles variant de trois à cinq ans, selon l’état de santé de la personne et après consultation avec un fournisseur de soins de santé.
  • C’est habituellement vers l’âge de 50 ans que les femmes commencent à faire l’objet d’un suivi axé sur le dépistage du cancer du sein, à raison d’une mammographie tous les deux ans. Certaines femmes choisissent de passer des mammographies dès l’âge de 40 ans, après consultation avec un fournisseur de soins de santé. Dans de nombreuses provinces, les femmes ont la possibilité de subir des tests de dépistage du cancer du sein dès l’âge de 40 ans.
  • C’est souvent vers l’âge de 50 ans que les gens commencent à faire l’objet d’un suivi axé sur le dépistage du cancer colorectal.

SEXUALITÉ, RAPPORTS INTIMES ET RELATION DE COUPLE

Les lésions nerveuses provoquées par la SP peuvent avoir un impact sur la fonction sexuelle, et les symptômes de cette maladie peuvent avoir des effets sur l’humeur, l’intérêt porté à la sexualité et les rapports intimes. Pour en savoir plus à ce sujet, veuillez vous reporter à la page de notre site Web intitulée « Intimité et sexualité ».

PLANIFICATION FAMILIALE

La planification familiale est un sujet d’une grande importance pour bon nombre de femmes atteintes de SP. Ces dernières sont nombreuses à vouloir comprendre l’impact que la SP et les traitements ciblant cette maladie pourraient avoir sur le déroulement d’une grossesse, l’allaitement ou les possibilités de fonder une famille. Le fait de consulter un professionnel ou une professionnelle de la santé peut aider les femmes à faire des choix qu’elles jugeront appropriés pour elles. Toutes les femmes devraient prendre de l’acide folique pendant au moins trois mois avant de tomber enceintes. Durant la grossesse, elles devraient aussi continuer de prendre de la vitamine D à raison d’une dose hebdomadaire ne devant pas dépasser 4 000 UI, conformément aux recommandations.

GROSSESSE

La SP n’a pas d’impact sur la capacité de tomber enceinte. Toutefois, certains médicaments sont contre-indiqués durant la grossesse. Selon la nature de la SP dans votre cas et le traitement que vous suivez, votre fournisseur de soins de santé pourrait vous suggérer d’arrêter celui-ci ou de changer de traitement avant de tenter de concevoir un enfant.

Les médicaments prescrits contre la SP demeurent dans l’organisme durant une période qui varie d’un médicament à l’autre. Lorsque vous cessez un traitement médicamenteux, votre organisme éliminera graduellement le médicament que vous preniez. Ce processus peut prendre plus de temps pour certains médicaments comparativement à d’autres. Il importe que vous consultiez votre fournisseur de soins de santé avant de changer de traitement ou de cesser la prise de tout médicament, car l’arrêt brusque de certains traitements peut être dangereux. L’administration de certains médicaments peut se poursuivre durant la grossesse, alors que celle d’autres médicaments doit être interrompue un certain temps avant le début de la grossesse et reprise après l’accouchement, durant l’allaitement. Avec leur fournisseur de soins de santé, les femmes devraient passer en revue les renseignements axés sur la sécurité en lien avec la grossesse ou l’allaitement relativement aux médicaments qu’elles prennent.

Procréation médicalement assistée

La SP n’altère pas la fertilité, mais certaines femmes peuvent présenter des problèmes de fécondité liés à d’autres facteurs et être amenées à recourir à la procréation médicalement assistée (ou PMA), telle la fécondation in vitro (FIV). Des études ont révélé que des traitements contre l’infertilité pouvaient accroître le risque de poussées de SP. Toutefois, des études plus récentes ont démontré que les femmes atteintes de SP peuvent recourir en toute sécurité à un traitement ciblant l’infertilité et que, durant une procédure de PMA, la prise continue d’un médicament contre la SP considéré comme sans danger en cas de grossesse pourrait réduire le risque de poussées. Comme certains médicaments prescrits contre l’infertilité peuvent être plus sûrs que d’autres, il convient de passer en revue toutes les options envisageables avec votre fournisseur de soins de santé.

Quel est le risque de mon enfant d’avoir la SP? 

La SP n’est pas une maladie héréditaire à proprement parler, mais certaines personnes peuvent hériter de certains facteurs génétiques qui accroissent le risque d’avoir un jour la SP. L’incidence de la SP chez les gens d’Amérique du Nord en général est de 0,1 à 0,3 %. Le risque de SP pour les enfants d’une personne atteinte de cette maladie demeure faible puisqu’il varie de 3 à 5 %. 

Quels effets la sclérose en plaques a-t-elle sur la grossesse et l’accouchement? 

La présence de la SP ne compromet pas le bon déroulement de la grossesse ou de l’accouchement. La recherche démontre qu’en ce qui concerne les femmes atteintes de SP, les données relatives à la grossesse, au travail et à l’accouchement sont semblables à celles dont on dispose relativement aux femmes exemptes de cette maladie. La plupart des femmes atteintes de SP accouchent par voie vaginale, et la présence de la SP ne constitue pas une condition justifiant le recours à une césarienne. L’anesthésie épidurale et l’administration d’anesthésiques sont considérées comme des méthodes sûres pour les femmes atteintes de SP.

Grossesse et poussées

Selon diverses études, la grossesse aurait un effet protecteur en cas de SP puisque la fréquence des poussées diminue, particulièrement durant le troisième trimestre de la grossesse, soit à partir du sixième mois. Ce phénomène n’est pas encore complètement élucidé, mais on croit que les variations des taux d’hormones y sont pour quelque chose. Cependant, le risque de poussées s’élève au cours des trois premiers mois qui suivent la naissance.On croit que ce fait est attribuable au retour des taux d’hormones au niveau qui était le leur avant la grossesse. Comme les poussées consécutives à l’accouchement peuvent accroître le niveau d’incapacité, il convient de les prévenir dans la mesure du possible. Globalement, la grossesse n’a pas d’effet sur l’évolution de la SP à long terme; on dirait plutôt que son effet est neutre.

Chez certaines femmes atteintes de SP, le recours à un médicament contre la SP soigneusement sélectionné peut être nécessaire durant la grossesse. Des études ont démontré que l’arrêt de certains MMÉSP avant la grossesse peut accroître le risque de poussées pendant la grossesse et après l’accouchement. Il se peut donc que l’équipe soignante d’une femme atteinte de SP recommande à cette dernière de poursuivre son traitement tout en faisant l’objet d’une surveillance étroite de l’activité de la maladie. Des traitements contre la SP peuvent être suspendus un certain temps avant le début de la grossesse et être repris après l’accouchement, durant l’allaitement. Les décisions relatives à votre traitement – y compris celles qui concernent la période qui suivra la naissance de votre enfant – doivent être prises conjointement avec votre fournisseur de soins de santé.

Symptômes de SP et grossesse 

Bien que la fréquence des poussées et de divers symptômes de SP puisse baisser durant la grossesse, il peut devenir plus difficile de composer avec d’autres symptômes de la maladie. Par exemple, la fatigue, les troubles de l’équilibre et les maux de dos peuvent s’intensifier à mesure que le corps s’adapte au fait de porter un bébé. Les troubles urinaires et intestinaux déjà présents avant la grossesse peuvent se présenter de façon plus marquée durant celle-ci. Consultez votre fournisseur de soins de santé à propos des façons de prendre en charge vos symptômes pendant la grossesse.

Médicaments et grossesse 

Avant toute tentative de conception, informez votre fournisseur de soins de santé de vos symptômes et des médicaments que vous prenez. Comme le recours à certains traitements n’est pas recommandé durant la grossesse, votre fournisseur de soins de santé tiendra à passer en revue avec vous tous les médicaments que vous prenez. Si vous tombez enceinte sans l’avoir planifié, il importe que vous communiquiez rapidement avec votre fournisseur de soins de santé afin que vous puissiez tous deux passer en revue les médicaments que vous prenez, car l’arrêt trop rapide de certains traitements pourrait constituer un risque pour vous ou votre bébé. Si vous prenez un MMÉSP ou tout autre médicament, votre fournisseur de soins de santé peut vous aider à déterminer si la poursuite de votre traitement est sans danger, s’il conviendrait de changer de médicament ou si vous devriez cesser votre traitement pendant la grossesse. Dans certains cas, on peut recourir à des stéroïdes durant la grossesse pour faciliter la prise en charge des poussées. 

PLANIFICATION EN VUE DE LA PÉRIODE SUIVANT LA NAISSANCE

Les femmes peuvent se sentir très fatiguées durant une certaine période après l’accouchement et avoir besoin de temps pour s’adapter à la vie avec un bébé. Planifier le soutien et l’aide dont vous aurez besoin durant cette période pourra alors faciliter votre quotidien. Dressez la liste des parents et des amis qui pourraient s’acquitter de certaines tâches et demandez-leur s’ils accepteraient de vous prêter main-forte. Renseignez-vous sur les services de santé et les programmes communautaires destinés aux nouveaux parents qui pourraient vous être utiles, et voyez si, dans votre région, il y a des groupes d’entraide auxquels vous pourriez vous joindre. Bon nombre de femmes se sentent rassurées du fait de savoir à l’avance sur quelle forme d’aide elles pourront compter au besoin.

Allaitement maternel

L’allaitement est sans danger pour les femmes atteintes de SP et assure une alimentation saine pour les bébés. Il est généralement recommandé de poursuivre l’allaitement durant au moins les six premiers mois suivant la naissance – période après laquelle il convient d’allaiter son bébé tout en commençant progressivement à lui donner des aliments solides jusqu’à ce qu’il atteigne l’âge de deux ans, voire plus. L’allaitement maternel peut renforcer le système immunitaire du bébé et procure de nombreux bienfaits à ce dernier et à sa mère. L’allaitement n’accroît pas le risque de poussées de SP, et les résultats de certains travaux de recherche semblent même indiquer que l’allaitement exclusif pourrait réduire quelque peu ce risque au cours des quelques mois qui suivent l’accouchement. Certaines femmes choisissent de tirer leur lait à l’aide d’un dispositif de pompage (appelé « tire-lait ») de sorte que leur bébé puisse boire au biberon, ce qui peut faciliter la tâche des personnes qui souhaitent les aider quant à l’alimentation de leur enfant. Il importe que vous consultiez votre fournisseur de soins de santé à propos des médicaments que vous prenez, car certains d’entre eux pourraient avoir des effets néfastes si vous allaitez votre bébé. Toutefois, certains médicaments ne sont pas contre-indiqués en cas d’allaitement. Donner le biberon en ayant recours à une préparation pour nourrisson constitue une option qui facilitera la tâche des gens qui vous aideront à nourrir votre bébé.

Prévention des poussées après l’accouchement 

On recommande généralement aux femmes atteintes de SP de reprendre ou d’amorcer un traitement contre la SP peu après l’accouchement, car cela peut réduire le risque de poussées. Les spécialistes de la recherche en savent davantage qu’auparavant sur le passage de différents médicaments dans le lait maternel, et il s’avère que certains médicaments contre la SP peuvent être pris durant l’allaitement. Consultez votre fournisseur de soins de santé pour faire les meilleurs choix possible pour vous et votre bébé. 

Soins prodigués après l’accouchement 

Les quelques mois suivant l’accouchement peuvent constituer une période éprouvante, durant laquelle les femmes atteintes de SP peuvent être exposées à un risque accru de poussées. Les épisodes de dépression et d’anxiété pouvant survenir durant la période périnatale sont plus fréquents chez les femmes qui ont la SP. Il importe donc que vous accordiez une attention particulière à votre bien-être et consultiez votre équipe soignante si vous avez des préoccupations. Le fait de prévoir une aide supplémentaire avant l’arrivée du bébé peut faciliter les choses durant la période périnatale. La famille, les amis et les services offerts dans votre collectivité peuvent constituer des sources importantes de soutien. 

Pour obtenir plus d’information, consultez la publication du gouvernement du Canada intitulée Votre guide sur la santé post-partum et des soins pour votre bébé.

MÉNOPAUSE

Chez la plupart des femmes, la ménopause survient à la fin de la quarantaine ou au début de la cinquantaine, et le fait d’avoir la SP ne semble pas influer sur l’âge de la ménopause. Diverses manifestations de la ménopause sont très semblables à certains symptômes de la SP. Il peut donc y avoir un chevauchement entre les symptômes de la ménopause et ceux de la SP. Les bouffées de chaleur peuvent aussi entraîner une exacerbation de certains symptômes associés à la SP. Il importe que vous consultiez votre équipe soignante à propos des manifestations de la périménopause et de la ménopause, car il existe des options de prise en charge pouvant soulager de tels symptômes. Informez-vous à propos de la ménopause en cas de SP et Vivre bien quand on a la SP et qu’on avance en âge.

OSTÉOPOROSE

Les femmes sont davantage exposées au risque d’ostéoporose que les hommes du fait que la déperdition osseuse s’accélère au moment de la ménopause, et la SP peut accroître ce risque en cas de mobilité réduite ou de recours à plusieurs reprises à des stéroïdes. Il existe diverses façons de favoriser la santé des os – il s’agit notamment d’avoir une alimentation équilibrée, de conserver un mode de vie actif et de recourir à des suppléments ou à des médicaments si cela est recommandé par des professionnels ou professionnelles de la santé. Visitez le site Web de l’organisme Ostéoporose Canada pour obtenir plus d’information à ce sujet.