Résumé : Les travaux d’une équipe de recherche du Canada ont mené à la mise au point d’un médicament prometteur ayant la capacité de bloquer des autoanticorps nocifs, ce qui pourrait avoir pour effet de stimuler la récupération des fonctions perdues en cas de sclérose en plaques (SP). Ce médicament devra faire l’objet d’évaluations supplémentaires, notamment chez l’humain, mais si ce produit s’avère efficace, l’étude dont il est ici question ouvrira la voie à de nouvelles façons de traiter la SP et d’autres troubles immunitaires connexes.
Contexte : La plupart du temps, les anticorps sont bénéfiques et protègent l’organisme contre les infections. Or, dans le contexte de la SP et d’autres affections auto-immunes connexes, comme la maladie associée aux anticorps anti-glycoprotéine myélinique oligodendrocytaire (maladie associée aux anticorps anti-MOG) et le trouble du spectre de la neuromyélite optique (TSNMO), le système immunitaire produit des protéines qu’on appelle autoanticorps, qui s’en prennent par erreur aux tissus nerveux de l’hôte et endommagent ceux-ci. Il n’existe actuellement aucun traitement capable de cibler et de supprimer ces autoanticorps.
Résultats : M. Luc Vallières, Ph. D. (Université Laval), et son équipe de recherche ont mis au point un autoanticorps thérapeutique, baptisé 8-18C5Mut, en modifiant la structure moléculaire d’un autoanticorps afin d’empêcher celui-ci de déclencher des mécanismes destructeurs. Lorsque l’équipe de recherche a administré cet autoanticorps modifié à des souris atteintes d’une maladie semblable à la SP (encéphalite auto-immune expérimentale – EAE), ces souris ont présenté une forme atténuée de la maladie et une amélioration de leurs fonctions motrices. Ce traitement a également permis de retarder l’apparition de la maladie chez ces souris.
Retombées : Grâce à ces travaux de recherche prometteurs, une nouvelle approche permettant de cibler et d’éliminer les autoanticorps nocifs en cas de SP pourrait voir le jour. D’autres études devront être réalisées pour confirmer les résultats de ces travaux, mais s’il s’avère que celles-ci sont concluantes, cette stratégie de traitement pourrait procurer aux personnes atteintes de SP ou d’une maladie connexe un espoir renouvelé en l’amélioration de leurs fonctions et de leur qualité de vie.
Références :
- Article publié dans la revue PNAS le 17 décembre 2025 – « Turncoat antibodies unmasked in a model of autoimmune demyelination: from biology to therapy ».
- Apprenez-en plus sur les travaux de M Luc Vallières en cliquant sur le lien suivant : Ciblage des cellules productrices d’anticorps nocifs dans le contexte de la SP.