Résumé : Les résultats d’une étude publiés dernièrement par l’équipe de recherche de Mme Jennifer Gommerman, Ph. D., fournissent de nouvelles données sur les mécanismes moléculaires à l’origine de l’inflammation confinée au système nerveux central (SNC) et touchant plus particulièrement le cerveau – laquelle constitue un élément clé de la progression des incapacités en cas de SP. À l’aide d’un modèle murin (souris) de SP, l’équipe de recherche a démontré que des agrégats de cellules immunitaires se formant à l’intérieur des membranes protectrices qui entourent le cerveau contribuaient à l’inflammation confinée au SCN, et que ceux-ci pouvaient être efficacement ciblés par un inhibiteur de la tyrosine kinase de Bruton (BTK, de l’anglais Bruton Tyrosine Kinase). Dans leur publication, ces scientifiques ont également proposé une approche permettant d’identifier les personnes susceptibles de présenter ce type d’inflammation et de bénéficier d’un traitement par un inhibiteur de la BTK. Cette étude pourrait ainsi mener à la mise au point de méthodes personnalisées et efficaces pour le traitement de la SP progressive.
Contexte : On parle d’inflammation confinée au système nerveux central (SNC) lorsque des cellules immunitaires restent piégées dans le SNC, ce qui peut notamment entraîner la détérioration du tissu cérébral sous-jacent, dont des lésions à la substance grise. Dans le contexte de la SP, des amas de cellules immunitaires peuvent se former à proximité des zones où les fibres nerveuses sont endommagées, formant ce qu’on appelle le tissu lymphoïde tertiaire (TLT), lequel est fortement associé à la progression de l’incapacité. Comme le TLT se forme à l’intérieur des membranes protectrices qui entourent le cerveau, il s’avère difficile de cibler celui-ci à l’aide des médicaments contre la SP dont on dispose actuellement. Or, une nouvelle classe de médicaments possédant la capacité d’atteindre le cerveau, à savoir les inhibiteurs de la BTK, pourrait permettre de cibler ces amas de cellules immunitaires.
Résultats : L’équipe de recherche de Mme Gommerman, de l’Université de Toronto, a élaboré un nouveau modèle murin (souris) de SP (encéphalomyélite auto-immune expérimentale – EAE) censé reproduire le processus menant à la présence de TLT au sein du cerveau. Cette équipe a démontré que le recours au rémibrutinib, inhibiteur de la BTK, pouvait limiter la formation de TLT et la détérioration de la substance grise dans le cerveau en entravant deux mécanismes moléculaires clés (liés à la BTK et à la lymphotoxine).
L’équipe de recherche a également découvert une corrélation entre la présence de TLT et des changements mesurables touchant certaines protéines (CXCL13:BAFF) dans le cerveau de souris atteintes d’EAE ainsi que dans le liquide céphalorachidien de personnes ayant la SP : un taux élevé de CXCL13:BAFF a été associé à la formation de TLT et de lésions de la substance grise, et un traitement par un inhibiteur de la BTK a quant à lui été associé à une réduction du taux de CXCL13:BAFF.
Retombées : Grâce à cette étude, nous en savons maintenant plus sur les mécanismes sous-jacents à l’inflammation confinée au SNC touchant plus particulièrement le cerveau, de même que sur le traitement potentiel de celle-ci par un inhibiteur de la BTK.
Cette étude a également mis en lumière une nouvelle façon de reconnaître (par l’évaluation des taux protéiques de CXCL13:BAFF) les personnes atteintes de SP qui présentent un type d’inflammation confinée au SNC et qui bénéficieraient d’un traitement personnalisé faisant appel à un médicament tel qu’un inhibiteur de la BTK. Des études supplémentaires seront toutefois requises pour valider les résultats de ces travaux de recherche prometteurs.
* L’étude en question est financée conjointement par la National MS Society (organisme états-unien de la SP) et SP Canada.
Références :
- Article publié dans la revue Nature Immunology le 2 janvier 2026 – « Lymphotoxin-dependent elevated meningeal 1 CXCL13: BAFF ratios drive grey matter injury »
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